De mon enfance en Limousin, je garde cette fascination de la fusion magique des émaux et l'éclat des lumières sur cette matière, élément révélateur de mes études à l’École Nationale des Arts Décoratifs de Limoges.

Pendant cette période, j'ai compris que mes créations devaient être avant tout "porteuses de sens" et pas uniquement décoratives. Commence alors ma réflexion sur le rôle du vitrail comme art qui sert l'architecture.

Par chance, en 1983 je pars au Japon vivre auprès de l'artiste verrier Michiyo Morimoto comme assistante pour compléter ma formation.

Dans son atelier de vitraux à Kobe, loin de toute idée préconçue, je m’imprègne d'un art exclusivement contemporain, épuré allant à l'essentiel.

Le vitrail doit, pour moi, servir l'architecture, c'est à dire la révéler et savoir être complémentaire avec justesse.

C'est un élément de réflexion, un travail de relation entre la lumière, la couleur, le dessin des plombs et le rythme créé par les rapports entre opaque-transparent, lisse-rugueux, vide-plein.

Mes compositions sont basées sur l'exploitation du matériau brut sans apport de peinture. J'utilise des verres spéciaux qui développent une gamme riche en effets de matière et y intègre parfois des coquillages, des petits galets ou de fines feuilles de porcelaine qui par leur délicate translucidité, apportent de nouvelles luminosités. Aux "savoir-faire" classiques (montage au plomb et Tiffany) j'associe des techniques plus récentes comme le fusing ou le thermoformage qui participent à l'exploration de la lumière.

 

Commandes publiques:

  • chapelle du château de la Carte à Ballan-Miré (Indre-et-Loire) - 1986

  • collège René Cassin à Lillers (Pas de Calais) - 1986

  • école maternelle de Compreignac (Haute-Vienne) – 1987

  • église de Milhaguet (Haute-Vienne) – 1989

  • église de Nohèdes (Pyrénées Orientales) - 1995

  • église de Gourdon-Murat (Corrèze) – 2005

  • collège Henri Judet à Boussac (Creuse) - 2007

  • chapelle de St Julien-Maumont (Corrèze) - 2019

     

Expositions:

  • « Lumière et transparence » - Le Mans (72), octobre.novembre 1985

  • Exposition annuelle des Artistes de Woluwe-Saint-Pierre (Bruxelles-Belgique) - juin 1996

  • « Artiste et métiers d’Art » - Château de Coussac-Bonneval (87) - juillet 2003

  • « 40 céations pour 40 ans d’amitié franco-allemande »-Limoges (87) -Décembre 2003

  • Biennale du vitrail – Bourg-la-reine – mai 2005

  • Les boutiques éphémères de Brive-la-Gaillarde en 2013 – 2014 – 2015 et 2018

  • "Au-dela de l'eau" - Brive-La-Gaillarde- du 13 mars au 9 octobre 2020

 

 

Installée en Corrèze, à Brive-la-Gaillarde, depuis 2003, j'apprécie tout spécialement les randonnées dans la nature préservée du Bas Limousin. C'est aux confins de ces paysages, à proximité de la Haute-Vienne, de la Dordogne et du Lot, que je puise mon inspiration. Souvent fascinée par des mouvements de l'eau, j'y retrouve des similitudes avec mon matériau de prédilection, le«verre». Ici, les rivières ne manquent pas. De la Corrèze à la Vézère, de l'Isle à la Dordogne, ..., j'entrevois dans les vaguelettes dansantes le graphisme morcelé d'un vitrail, et les éclats vibrants des reflets me rappellent les milliers de bulles scintillantes du verre soufflé. Parfois mes vitraux dévoilent leur caractère minéral par les pâtes de verre dépolies, les empreintes thermoformées ou l'inclusion de métaux dans certains verres fondus. Bien que non figuratifs, certains graphismes prennent leur origine dans la nature encore vierge comme les nœuds de racines, les flaques d'eau gelées, les herbes sèches ou les feuillages aux couleurs changeantes. Je ne cherche pas à représenter la nature, mais je la sens toujours présente. Mes vitraux ne sont pas figuratifs, c'est à dire que je ne représente pas un thème de départ, mais ils sont empreints d'un rapport avec la nature.

© 2020, Valérie Moins.

Brive-La-Gaillarde, Corrèze.